La vie, c'est comme une bicyclette, 

il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.                        

Albert Einstein

Cavalaire - Var - France

Le Rubis (H4, 202, P15) était un sous-marin mouilleur de mines de classe Saphir qui a servi dans la Marine nationale et dans les Forces navales françaises libres (FNFL). En raison de ses services dans les FNFL, le Rubis a été fait Compagnon dans l'Ordre de la Libération par un décret du général de Gaulle en date du 14 octobre 1941.


Le principal armement du Rubis se compose de 32 mines à orin Sautier-Harlé HS 4. Ces mines explosant au contact portent une charge de 220kg de tolite et sont utilisables par 200m de fond. Elles sont logés deux par deux dans seize puits verticaux (huit de chaque bord) aménagés dans ses ballasts.


Historique

Il est mis sur cale en avril 1929 à l'arsenal de Toulon, lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 4 avril 1933.

Après avoir appartenu aux 7e et 5e divisions de sous-marins de Toulon, le Rubis a été affecté en 1937 à l'escadrille des sous-marins de Cherbourg.

Au cours de la campagne de Norvège, en mai 1940, le Rubis mouille ses mines le long de la cote norvégienne. Celles-ci touchent quatre bâtiments norvégiens en mai et juin, puis trois navires de commerce en juillet. Le jour de l'armistice, le 22 juin 1940, le Rubis est basé dans le port de Dundee en Écosse. Sous l'impulsion de son commandant, le lieutenant de vaisseau Georges Cabanier, il rallie sans hésiter les Forces navales françaises libres avec la quasi-totalité de son équipage.

Lors d'un mouillage de mines au large de la Norvège le 21 mai 1941, le Rubis aperçoit et torpille le navire de commerce finlandais Hogland. Avarié par la déflagration du torpillage et incapable de plonger, le Rubis regagne Dundee en surface, protégé par les avions de la Royal Air Force, à l'approche des côtes écossaises. Plus tard au cours de la guerre, le Rubis mouille des mines dans le golfe de Gascogne. Elles coulent trois dragueurs de mines allemands, un chalutier armé et un remorqueur français en 1942, ainsi qu'un quatrième dragueur de mines allemand en 1943. En opération au large de Stavanger en septembre 1944, ses mines toucheront deux chasseurs de sous-marins et deux navires de commerce. En octobre et novembre, le Rubis continue ses mouillages de mines dans les eaux norvégiennes, endommageant deux navires, mais sans les couler. Toutefois, le 21 décembre 1944, ses mines coulent trois chasseurs de sous marins, un navire de commerce allemand et un dragueur de mines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Rubis aura accompli 22 patrouilles opérationnelles, mouillant 683 mines et coulant des navires pour un total d'environ 21000 tonneaux de jauge brute. Il coula au total 22 navires ennemis, incluant 16 navires de l'Axe1 (dont 14 allemands, incluant 12 navires de guerre), le Rubis a eu le plus long palmarès des Forces navales françaises libres. Il fut nommé compagnon de la Libération.

De 1946 à 1948, le Rubis est utilisé comme sous-marin école à Toulon.

Le Rubis a été désarmé le 4 octobre 1949 et coulé volontairement le 31 janvier 1958 pour éviter qu'un Compagnon de la Libération ne soit livré aux chalumeaux des ferrailleurs. L'épave du Rubis repose à plat sur le sable par 42mètres de fond au large du Cap Camarat à la position 43°11N, 6°42E, entre Cavalaire et Saint-Tropez. D'abord utilisé comme cible sonar par la Marine nationale, l'épave du Rubis est devenue un site de plongée réputé de la Méditerranée après avoir été «inventée» par deux plongeurs de «L'Idéal» le bateau de l'École de Plongée de Saint-Tropez en juillet 19742.

Commandants

    •    1938-1941 ː Capitaine de corvette Georges Cabanier, Compagnon de la Libération;

    •    9 mai 1941 au 23 juin 1945 ː Lieutenant de vaisseau Henri Rousselot, Compagnon de la Libération;

    •    1945-1948 ː LV Jean Guillou3,4.

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